Perdre un parent pendant l’enfance : quels effets sur le parcours scolaire, professionnel, familial et sur la santé à l’âge adulte ?

Nathalie BLANPAIN - Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)

Même si cela est devenu plus rare au fil des générations, être orphelin de père ou de mère avant l’âge de 20 ans concerne, en 2006, 11 % des adultes de 20 à 75 ans, la plupart d’entre eux étant devenus orphelins de père. Perdre un parent pendant l’enfance concerne davantage les enfants d’origine sociale modeste (7 % d’orphelins de père parmi les enfants d’ouvriers contre 3 % parmi les enfants de cadres) et issus d’une fratrie nombreuse.

C’est un risque social qui peut modifier la destinée d’un individu. Les données montrent en effet que devenir orphelin avant l’âge de 20 ans peut rendre plus difficile l’accès à un diplôme (le décès du père diminue de 6 points les chances d’obtenir le baccalauréat), ce qui peut conditionner la suite du parcours professionnel. Des études plus courtes incitent également à entrer dans la conjugalité et à fonder une famille plus précocement. Enfin, les personnes ayant perdu un parent pendant l’enfance déclarent un peu plus souvent que les autres un mauvais état de santé physique, ce qui peut s’expliquer par leur niveau de diplôme ou leur profession, ou par d’autres facteurs comme de moins bonnes conditions de vie pendant l’enfance.

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