Quel est l’impact d’un changement du mode de relance des répondants « sans opinion » ? Caractéristiques des répondants, du dispositif d’enquête et des questions affectant la réponse « ne sait pas ».

JPEGPour les personnes enquêtées, la difficulté à se prononcer sur des questions d’opinion varie d’une part selon le type de question et d’autre part selon le degré d’insistance des enquêteurs lors de leurs relances. Ces deux aspects sont traités distinctement dans ce dossier.

Les questions qui comportent des mots complexes, qui consistent à estimer des montants, ou celles placées à la fin du questionnaire génèrent davantage de « Ne sait pas », toutes choses égales par ailleurs. Certains thèmes, comme la retraite, qui nécessite de se projeter dans l’avenir, ou la protection sociale, qui fait appel à une évaluation du consentement à payer, suscitent également davantage d’indécision, vraisemblablement en raison du caractère plus abstrait des sujets abordés.

L’effet du mode de relance sur les réponses obtenues est mesuré en utilisant la formation suivie par les enquêteurs du Baromètre de la DREES en 2009 pour intensifier les relances, puisque celle-ci peut être considérée comme une « expérience naturelle ». A la suite de ce changement, le nombre moyen de « Ne sait pas » par questionnaire est passé d’environ 6 à 3.

Sont également analysées ici les caractéristiques des personnes qui répondent « Ne sait pas » (NSP) aux questions du Baromètre d’opinion de la Drees. Après changement de la méthode de relance, on observe une atténuation de l’effet de certaines caractéristiques individuelles des personnes enquêtées sur la probabilité de ne pas répondre à certaines questions, telles que le sexe, ou le fait d’être sans diplôme plutôt qu’au niveau baccalauréat. Certaines caractéristiques des « sans opinion » continuent de ressortir toutefois quelle que soit la méthode de relance : le fait d’être plus âgé ou encore de ne pas être en couple. Enfin, l’écart entre retraités et actifs semble s’être légèrement accru après le changement dans la politique de relance.

Une telle modification de la méthode de relance aurait pu, en transformant le profil des répondants, conduire à une rupture de série entre 2008 et 2009 dans le Baromètre d’opinion de la Drees. Toutefois, pour plus de huit questions sur dix, le taux de « Ne sait pas » avant 2008 est trop faible pour que le changement de méthode de relance ait pu avoir un effet significatif sur les réponses exprimées. Pour la majorité des autres questions, aucune rupture de série n’est détectable, dès lors que les réponses sont analysées en proportion des opinions exprimées (hors NSP). Dans certains cas précis pourtant, l’hypothèse de rupture de série ne peut pas totalement être écartée. Il convient alors de juger au cas par cas comment l’évolution des opinions peut être interprétée entre 2008 et 2009.

Rosalinda Coppoletta-Solotareff, Sébastien Grobon, 2016, « Quel est l’impact d’un changement du mode de relance des répondants « sans opinion » ? Caractéristiques des répondants, du dispositif d’enquête et des questions affectant la réponse « ne sait pas ». », Document de travail, Série sources et méthodes, n°55, Drees, janvier.